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Publié le 29 juin 2026

Mis à jour le 02 juillet 2026

Temps de lecture : 5 minutes

Suivi des émissions de gaz à effet de serre en France

Comment la France mesure et réduit ses émissions pour atteindre la neutralité carbone ?

En bref

  • Les émissions nationales ont baissé de -3,0 % en 2024, par rapport à 2023. La baisse se poursuit : -2,1 % en 2025, par rapport à 2024. 
  • Les budgets carbone sont fixés par la SNBC : ce sont des plafonds d’émissions de gaz à effet de serre à ne pas dépasser sur le territoire national sur une période de 5 ans.
  • Grâce aux inventaires d’émissions produits par le Citepa, la France peut évaluer si elle respecte ses budgets carbone et ses engagements climatiques nationaux et internationaux.
  • Afin d’atteindre notre objectif à horizon 2030 et la neutralité climatique d’ici 2050, nous devons baisser nos émissions à un rythme annuel de -5 % entre 2024 et 2030.

Pourquoi ce suivi est-il essentiel ?

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’origine humaine accélèrent le changement climatique, avec des conséquences graves pour les écosystèmes et nos modes de vie. Pour y faire face, la France s’est engagée à réduire ses émissions et à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. 

Nos objectifs clés :

  • Au niveau mondial : respecter l’Accord de Paris (limiter le réchauffement climatique mondial à +1,5°C).
  • Au niveau européen : réduire les émissions nettes (avec puits de carbone) d’au moins 55 % d’ici 2030  et de 90 % d’ici 2040 (par rapport à 1990).
  • Au niveau national : diviser par deux nos émissions brutes (hors puits de carbone) d’ici 2030  (via la SNBC), c’est-à-dire un équilibre entre les émissions et les absorptions de GES.

Pour atteindre ces cibles, la France doit réduire ses émissions hors puits de carbone de 5 % par an en moyenne d’ici 2030.

Où en est la France en 2026 ?

La baisse des émissions se confirme, mais à un rythme insuffisant 

En 2024, les émissions ont diminué de 3,0 % par rapport à 2023, pour atteindre 367 millions de tonnes CO₂e (hors puits de carbone). En 2025, les émissions ont baissé de 2,2 % par rapport à 2024, pour atteindre 359 millions de tonnes CO₂e (hors puits de carbone). 

D’après la note anticipée du baromètre du CITEPA pour le premier trimestre 2026, les émissions auraient baissé de 5,4 millions de tonnes de CO₂e hors puits de carbone (-5,2 %) par rapport au 1er trimestre 2025, principalement sous l’effet d’un recul des émissions des bâtiments, des transports et de l’industrie manufacturière.

Les budgets carbone : qu’est-ce que c’est ?

Des plafonds pour guider la transition

Un budget carbone est un plafond d’émissions de gaz à effet de serre à ne pas dépasser sur le territoire national. Ils sont fixés en France par décret, pour 3 périodes de 5 ans afin :

  • d'agir comme des "bornes" qui balisent la trajectoire de la France vers la neutralité carbone en 2050 ;
  • de répartir l’effort entre secteurs (transports, agriculture, industrie…).

Les budgets carbone en vigueur (SNBC 3) :

PériodePlafond annuel moyen (Mt CO₂e)
2024–2028342
2029–2033261
2034–2038193

La France respecte-t-elle ses budgets carbone ? 

2019–2023 : respecté avec une marge de 91 Mt CO₂e cumulées (406 Mt CO₂e/an en moyenne, contre un plafond de 425 Mt).
2015–2018 : dépassé de 61 Mt CO₂e (budget ajusté à 442 Mt/an). La baisse depuis 2019 a compensé ce dépassement.

Foire aux questions

Une méthodologie rigoureuse et transparente

La France suit les lignes directrices du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) pour garantir des données fiables et comparables au niveau international.

Qui est responsable ?

  • Le ministère de la Transition écologique : pilote le système d’inventaire (via l’arrêté "SNIEBA" de 2011).
  • Le CITEPA : organisme indépendant qui collecte, vérifie et publie les données (en suivant les règles du GIEC).

Formule de base : Émissions = Niveau d’activité × Facteur d’émission

  • Concrètement, les émissions sont estimées pour chaque activité émettrice (transport, industrie, agriculture, production d’énergie, etc.) selon une formule générale : émissions = niveau d’activité × facteur d’émission. 
  • Le niveau d’activité correspond à une mesure de l’activité génératrice d’émissions (par exemple une consommation d’énergie, une production industrielle ou une surface agricole). 
  • Le facteur d’émission indique la quantité de GES émise par unité d’activité.

Niveaux de précision :

Il existe différents niveaux de méthodes dites « Tier », qui vont de 1 à 3.

  • Tier 1 : Données génériques (méthode basique).
  • Tier 2 : Données spécifiques à la France.
  • Tier 3 : Modèles complexes.

Périmètres géographiques :

  • France entière (Hexagone + DROM + territoires d’Outre-mer).
  • France UE (seulement Hexagone + DROM, pour les objectifs européens).

Le Citepa produit plusieurs publications qui permettent de suivre l’évolution des émissions en France 

  • Rapport SECTEN : Bilan annuel des émissions. Il est publié une fois par an, présente les émissions de la France depuis 1990 jusqu’à l’année N-2 de la publication. Par exemple, le rapport 2025 comptabilise les émissions de la France entre 1990 et 2023. Il inclut aussi un « proxy » pour les émissions de l’année n-1
  • Baromètres d’émissions trimestriels : publiés chaque trimestre et permettent de donner des estimations des tendances récentes. 
  • Rapport Ominea : Détail des méthodes et incertitudes.

4 raisons majeures :

  • Comprendre :savoir qui émet quoi (transports, agriculture, industrie…) pour agir de façon ciblée.
  • Respecter nos engagements : vérifier que la France honore l’Accord de Paris et les lois européennes.
  • Évaluer les politiques publiques : mesurer l’impact des mesures (ex. : bonus écologique, rénovation des bâtiments).
  • Être transparent : rendre des comptes aux citoyens et aux institutions internationales.
     

Les budgets carbone de la stratégie nationale bas-carbone peuvent être ajustés pour des raisons techniques lorsque la méthode de calcul des émissions évolue (tel que prévu par le Code de l’environnement – D. 222-1-B II). Les inventaires de gaz à effet de serre sont régulièrement améliorés, ce qui peut modifier les estimations des émissions passées. Si ces changements entraînent un écart supérieur à 1 % pour les années de référence (1990, 2005 ou 2015), le budget carbone est recalculé afin de conserver la cohérence de la trajectoire climatique, sans modifier le niveau d’ambition des réductions prévues.

La clôture d’un budget carbone correspond au moment où l’on fait le bilan final des émissions sur la période concernée. On compare les émissions réelles avec le plafond fixé afin de déterminer si le budget a été respecté ou dépassé. Une fois ce bilan établi, le budget est considéré comme définitivement clos et ne peut plus être ajusté.

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